Mon premier échange avec Jean-Baptiste Leheup m'a permis de découvrir les coulisses de son univers,mêlant ses aspirations, l'écriture et la parution de son premier roman «La vie est un voyage que l’on ne fait qu’une fois» . Avec son second ouvrage «Le stagiaire de seconde », se révèle un auteur qui oscille entre les styles avec légèreté, naviguant entre humour, sensibilité et profondeur.
Papillon littéraire : Pouvez-vous nous parler de votre parcours littéraire ?
Jean-Baptiste Leheup : J’ai cédé à l’envie d’écrire il y a environ un an, à l’occasion d’une pause dans ma carrière professionnelle. Un recueil de nouvelles pour m’entraîner, puis un premier roman «La vie est un voyage que l’on ne fait qu’une fois» à la rentrée 2025, et ce second roman que j’ai écrit avant Noël 2025.
Papillon littéraire : À l’occasion de la sortie de votre nouveau livre «Le stagiaire de seconde », pouvez-vous nous raconter la genèse de cette intrigue originale ?
Jean-Baptiste Leheup : Après l’écriture de mon premier roman, qui est une histoire triste, j’ai eu envie de changer de style, de partir sur un sujet plus léger. L’idée d’un stagiaire embarqué malgré lui dans un monde qui le dépasse, à la manière des rôles de Pierre Richard dans “Le grand blond avec une chaussure noire” ou “La chèvre” s’est très vite imposée, et le lien avec le service le plus secret de la police, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, a suivi.
Papillon littéraire : Combien de temps vous a pris l’écriture de ce roman ?
Jean-Baptiste Leheup : Généralement, il me faut environ deux mois pour écrire, puis plusieurs semaines entre les relectures et les corrections qui me laissent du temps en parallèle pour préparer le projet suivant. Je suis poussé par un sentiment d’urgence, l’envie de donner naissance à un maximum d’histoires pendant que j’en ai le temps !
Papillon littéraire : Quelle a été la plus grande difficulté dans l’écriture de cette histoire ?
Jean-Baptiste Leheup : Comme toujours, je me lance tête baissée, je laisse les personnages prendre leurs aises, et passé un certain cap, vers les 2/3 du roman, je suis obligé de siffler la fin de la recréation et de réorganiser le récit pour faire converger ses éléments vers une même fin.
Papillon littéraire : D’où est née l’idée de mêler un simple stage de lycéen à une affaire de contre-espionnage d’ampleur nationale ?
Jean-Baptiste Leheup : À partir du moment où j’avais décidé d’envoyer un lycéen dans les arcanes de la DGSI, il m’est apparu indispensable de placer dans le récit des personnages suffisamment réalistes pour un service de contre-espionnage et d’antiterrorisme, sans pour autant tomber dans le monde des livres d’espionnage, souvent sombres, complexes et intriqués.
Papillon littéraire : Comment avez-vous construit le personnage de Rodolphe, entre naïveté, humour et immersion brutale dans un monde d’adultes ?
Jean-Baptiste Leheup : L’objectif principal était qu’il soit à la fois naïf et sincère comme peut l’être un lycéen de 16/17 ans, mais aussi suffisamment mature et raisonnable pour ne pas être totalement dépassé par ce qui lui arrive. Je cherche toujours à donner à mes récits une forte cohérence interne : à partir du moment où l’on accepte l’invraisemblance du postulat (« un stagiaire de 16 ans passe une semaine à la DGSI »), la fameuse suspension consentie de l’incrédulité, le reste doit se tenir.
Papillon littéraire : Le contraste entre insouciance de la jeunesse et raison d’État est très marqué. Qu’aviez-vous envie d’explorer à travers cette opposition ?
Jean-Baptiste Leheup : Je voulais que la DGSI soit décrite avec une forme d’authenticité. Je n’ai aucun doute sur le fait que leurs protocoles de sécurité auraient empêché un gamin de 16 ans d’y passer une semaine, mais pour le reste, les missions auxquelles il assiste (interpellations, surveillances, contre-espionnage, contre-ingérence, interrogatoires) sont, en elles-mêmes, réalistes.
Papillon littéraire : L’humour occupe une place centrale dans une intrigue pourtant liée au contre-terrorisme. Est-ce une manière de désamorcer la gravité du sujet ou de la rendre plus accessible ?
Jean-Baptiste Leheup : Oui, bien sûr. C’est d’ailleurs le contraste entre la jeunesse du stagiaire et la gravité des sujets traités qui donne l’occasion de créer les situations humoristiques. J’ai ajouté une forme d’exagération dans les descriptions des trois « méchants » pour les rendre plus drôles, sans pour autant les rendre ridicules, car derrière ces trois portraits, il y a de véritables situations de colère, de violences voire de folie.
Papillon littéraire : Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de l’évolution de Rodolphe ?
Jean-Baptiste Leheup : J’aime bien ces histoires d’où le héros sort transformé. Plus prudent, plus adulte, plus attentif aux autres, plus généreux. Rodolphe, de son côté, avait déjà tout ce qu’il fallait de bon sens, d’esprit d’initiative et de culot. Cette aventure lui donnera sans doute une confiance en lui, en plus d’une connaissance de certains rouages de la société que le grand public ignore en majeure partie.
Papillon littéraire : Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent une fois sortis de cette aventure mêlant rires et tension ?
Jean-Baptiste Leheup : J’espère déjà qu’ils auront passé un bon moment de lecture. J’écris pour que les lecteurs trouvent du plaisir au moment qu’ils partagent avec mes personnages. Je ne cherche ni à donner de leçons, ni à soulever des polémiques, d’autres le font bien assez. Ce deuxième roman, en particulier, je le vois comme une comédie et une aventure, et j’espère que les lecteurs refermeront le livre (après la dernière page, bien sûr) avec le sentiment d’avoir un peu vécu eux-aussi une folle semaine de stage.
Papillon littéraire : Ce roman pourrait-il avoir une suite ?
Jean-Baptiste Leheup : Ce n’est pas prévu. Il serait surprenant qu’un autre stagiaire parvienne à s’infiltrer ainsi à la DGSI ! Quant à Rodolphe, il n’aura plus l’occasion de faire un nouveau stage de seconde. Peut-être, un jour, si l’envie me prend d’écrire un roman policier, je ferai de Rodolphe un véritable policier, comme un clin d’œil aux lecteurs du Stagiaire de seconde.
Papillon littéraire : Quel message aimeriez-vous laisser aux lecteurs avant qu’ils n’ouvrent ce livre ?
Jean-Baptiste Leheup : Amusez-vous, laissez-vous embarquer avec Rodolphe, et sachez que dès la première scène, le ton sera donné !
/image%2F7150455%2F20260112%2Fob_cba2f7_jean-baptiste-leheup-roman.png)
La vie est un voyage que l'on ne fait qu'une fois - Jean-Baptiste Leheup - Papillon littéraire
Dans son premier roman, intitulé " La vie est un voyage que l'on ne fait qu'une fois " Jean-Baptiste Leheup choisit la délicatesse là où d'autres forceraient les larmes. Le temps est désor...